Plume D Serves
J'écris des nouvelles cheloues et des articles trop longs qui parlent de livres, d'être à la marge, de mots, de violence intracommunautaire. Parfois je partage mes dessins aussi ;p
"Faut-il bien être une chipie pour faire de l'écholalie sur le mot 'nan 😏' " - @lou_de_sel
Y'a quand même un truc qui me perturbe avec le lesbianisme politique, qui est je crois assez symptomatique des mouvements millitants contemporains plus largement : c'est le besoin de justifier politiquement des choses qui n'ont 1. pas besoin de l'être et qui 2. ferraient mieux de ne pas l'être.
Ex : je peux comprendre la situation "t'as constaté que t'étais globalement plus attirée par les meufs, du coup tu te dis lesbienne parce que ça encapsule pas mal ton orientation sexuelle et que tu traines avec des gens qui se définissent aussi comme ça donc c'est un peu ta culture. Par ailleurs avoir du désir physique pour ta partenaire c'est super important pour toi, pour que tu te sentes bien dans ton couple. Mais un jour, une personne avec qui tu sortais transitionne vers le masculin, et tu te rends compte (alors que ton corps/son odeur/sa voix change) que son odeur que ton désir a disparu :/. Et ça te fait remettre en question votre relation. Et vous finissez tristement par rompre, alors que vous vous aimiez. Et c'est vraiment nul. Mais c'est comme ça : ça ne marchait juste plus".
C'est pas une rupture "pertinente".
Et en fait c'est ok ?
Y'a des ruptures qui sont nulles.
Ça va blesser ton partenaire (comme toutes les ruptures, mais ici d'autant plus que ça va forcément appuyer sur toute la transphobie, y compris internalisée, que ledit partenaire subit par ailleurs en raison de sa transition), mais ça fait pas de toi en soi une mauvaise personne.
Jsp y'a une valeur à admettre la nullité de la rupture (et ptet paradoxalement c'est en étant capable de dire "mes raisons de rompre sont/étaient nulles" que tu évites que le truc nul dans l'histoire : ce soit toi)
J'peux même entendre des raisons encore moins avouables du type "en fait tu fréquentes plein d'event en non mixité lesbienne et maintenant que tu sors avec un mec tu te rends compte que t'es traitée comme une bi, et que tes potes sont toustes biphobes, et que t'es pas prête à rompre tout ton cercle social pour ton gars" ou même "t'as pas fini de travailler sur tes trauma et du coup les voix grave ou whatever attribut masculin que ton mec a à présent te trigger et c'est juste pas possible pour votre relation" ou l'infamant "tu te rends compte que t'avais vraiment un kink sur une forme spécifique d'organe sexuel et t'aime plus le sexe depuis la SRS de ton gars, et flemme de déconstruire ça"
Mais quel besoin d'aller inventer que cette rupture serait en fait politiquement pertinente, car "gnagnagna je fais la grève des hommes dont s'il y en a un dans ma vie se serait comme renier tous mes engagements, mes principes, et moi-même" ?
Change de principe en fait ?
Bref : je crois que le problème, c'est qu'on ne laisse pas assez la possibilité aux gens de faire des choses pas ouf sans leur renvoyer directement "tu es une merde". Du coup, il faut s'inventer des justifications (même foireuses), qu'importe que ce soient elles, in fine, qui nous rendent médiocres
Avec @lou_de_sel@eldritch.cafe on a regardé la dernière vidéo de Contrapoint sur Saw et on s'est vraiment fait la même réflexion de "ah ouais on met vraiment le doigt sur ce qu'on apprecie chez elle et qui fait clairement défaut à d'autres, qui se font comparer à elle parce qu'iels reprennent son esthetique... mais clairement pas sa pertinence".
Le truc c'est que Nathalie Wynn est fondamentalement dans la compasion, et l'absence de jugement. Elle se place elle-même du côté des gens fuckés : quand elle parle des incels elle le fait en trouvant des points de comparaison avec son vécu trans pour dire "franchement les gars je comprend votre dysphorie", quand elle parle de twilight c'est pour expliquer pourquoi c'est effectivement un fantasme qui fait sens "vouloir être proche du plus grand prédateur ever", quand elle parle de saw c'est en reconnaissant le plaisir qu'on a parfois dans le spectacle de la violence (et qui est pire dans des œuvres qui lui mettent un verni de moralité/justice, ce dont saw est presque une parodie parce que Jigsaw se croit juste mais on ne peut pas adhérer à ses idées).
Tout cela : c'est des prétextes pour parler de sujets importants, comme la haine de soi, le gout du pouvoir ou le desir pour une "justice" vengeresse.
Elle critique les œuvres. Mais elle ne les condamne pas.
Et c'est pour ca que je vais gaiement me poser plusieurs heures pour regarder ses vidéos en entier à chaque fois.
En revanche, une autre vidéo, fut-elle aussi travaillée visuellement, qui aurait pour prémisse et finalité d'expliquer "pourquoi les incels sont des losers", "pourquoi le fantasme pour des gars dangereux comme Edward Cullen est patriarcal" ou "pourquoi le spectacle de l'extrême violence de Saw est intrinsèquement problématique" ne m'intéressera pas du tout.
Possible pourtant qu'entre les deux approches, des arguments similaires ressortent.
Je capte pk on pourrait se dire que ça ressemble. Mais vraiment ça a rien à voir. Ça m'intéresse pas du tout les gens qui veulent juste tout classer dans les catégories binaires "Bien" et "Mal"
RE: @dubout_desbois@re.lire.im
J'avoue que ça fait quand même plaiz de partager les retours sur mon premier roman, parce qu'entre la libraire qui me compare à Wittig, le chercheur qui consacre un article entier de recherche sur mon roman, et le directeur artistique qui me nomme coup de cœur d'un des plus gros salon d'imaginaire en France... Est-ce que y'a assez d'arguments d'autorité pour vous convaincre de laisser une chance à "Sur nos têtes fanent les lauriers" ? 😇
Et donc là je regarde le programme des imaginales pour m'aider à me décider quel jour j'y vais (sachant que je peux faire l'aller retour dans la journée, mais que je ne compte pas rester la nuit : même si j'avais prévu le budget c'est vraiment trop tard anyway).
Y'a donc une table ronde "précarité et publication" en présence de : un éditeur, un autre éditeur (mais plus petit), une éditrice juré de prix littéraire (mais ca va I guess elle est aussi autrice), un journaliste dans un grand média, et, quand même, un illustrateur.
...
Disons que si j'avais été un syndicat d'auteurs professionnels et que j'avais voulu parler de précarité, j'aurais pas nécessairement choisi ce panel là, constitué essentiellement de patrons hahaha
"L'avantage" de na canicule, c'est que le fait qu'il n'y ait pas d'eau chaude dans les vestiaires n'est pas si grave (contrairement donc a cet hiver)
L'inconvénient, c'est que j'ai rarement été aussi épuisé par un entraînement (en plus on était que six donc peu de pauses / temps d'attente)
Aujourd'hui j'ai vu qq1 sur insta (et par qq1 je veux dire "une asso à but non lucratif dont la mission, indiquée en description, est je cite : de faire de la lutte contre la pauvreté un priorité en associant les personnes concernées") qui a utilisé dans un post le mot "pauvrophobie" et genre : wut ?
J'veux dire je me suis dit "non mais ptet c'est un lapsus, la personne retrouvait pas le vrai mot désignant les discriminations liées au capital économique car classisme ça vient de classe et elle avait le mot pauvre en tête. C'est comme la bravitude, on peut se moquer mais c'pas grave"
Mais au vu du compte je trouve ca improbable.
Et vraiment c'est la preuve que j'attendais pas que les gens aiment trop dire "truc-phobie" sans réfléchir à "de quelle oppressions on parle et est-ce que c'est bien sérieux ?". En l'occurrence oui y'a une discriminations des pauvres, mais ça s'appelle le classisme et en le renommant tu efface tout l'historique de la lutte des classes
Ca ne va pas du tout ><
#vendredilecture ou plutôt relecture : en 2010 après avoir eu la chance d'assister à la comédie musicale "Wicked" à broadway (j'avais 18 ans, et c'était LE gros voyage en famille en mode "on n'en a pas fait avant, et après tu vas quitter la maison. La seule condition c'est que tu fasses le programme pour prouver ton implication", et donc j'avais fais ça... et choisi le spectacle, à une époque où je choisissais pas grand chose. Trop bon souvenir, anyway) j'avais eu envie de lire le livre dont c'était adapté (pour capter les bouts de l'histoire qui m'avaient échappé avec mon anglais pas ouf).
Au final : j'avais du attendre deux ans la sortie du livre en français (parution en 2011, je l'ai lu en 2012) et ça ne m'avais pas beaucoup aidé car : l'adaptation est en fait très peu fidèle.
Au lieu de ça, j'ai donc attendu 16 ans que qq1 fasse un film (soit quasiment la moitié de ma vie at that point, quand on y pense). J'ai pleuré en sortant du cinoch tellement ça m'a rendu heureuse.
On est maintenant quelques mois plus tard, et j'ai envie de parler de cette œuvre et de ce que j'en retire.
J'ai donc eu la curiosité de ressortir mon vieil exemplaire de wicked de ma bibliothèque, pour pouvoir vraiment comparer, cette fois.
J'en suis à la moitié, un peu plus, et en effet y'a vraiment des bouts qui ont rien à voir. En partie parce que c'est plus adulte (pas forcément de manière plus intéressante, mais y'a des histoires de sexe et plus de violence explicite. Genre des morts là où y'a des prisonniers, ce genre de choses).
Ce qui change surtout, c'est que les personnages sont plus+ marginaux que dans l'adaptation :
- la famille d'Elphaba et Nessarose a un riche grand père, mais qui a renié sa fille donc ça leur octroi pas vraiment de privilèges (du moins pas tant que le papi est vivant quoi)
- Elphaba d'ailleurs n'est pas un génie de la magie : so far elle ne la pratique même pas du tout.
- Galinda vient d'une famille plutôt riche mais à l'échelle des autres elle n'est personne, si bien qu'elle n'a absolument pas ce "main character energy" qu'elle a dans le musical, au contraire : elle essaie de se faire accepter par l'élite et ça marche moyennement (il existe une sainte Glinda mais c'pas elle : c'est la figure historique d'après laquelle elle a été nommée)
- Fiyero est un prince... mais prince d'une nation de nomades que le gouvernement veut littéralement génocider (physiquement il est décrit comme ayant la peau tannée et des tatouages diamant sur tout le corps + il a été marié quand il avait 8 ans à une fille qui en avait 7, du coup la relation qu'il a avec Elphaba est extraconjugale)
- etc
Ca crée un récit qui est étrangement plus et moins complexe à la fois.
Plus, parce que les personnages n'ont pas une position immédiatement lisible dans la société (par ex : le peuple au sud d'oz a des mines de rubis que le magicien d'Oz veut exploiter, quitte à massacrer tout ce qui se dresse sur sa route... ben le gars qui s'oppose à ça est un pasteur qui profite de la détresse de la population locale pour les forcer à se convertir. Genre "je t'aide, mais adopte ma religion". Bref : c'est un peu la peste ou le choléra, et ça interdit une lecture simpliste "bien vs mal"l).
Moins, parce que ça efface la partie que je trouve justement la plus intéressante dans la comédie musicale : aka celle où les personnages peuvent faire le choix vraiment difficile de lutter contre le système Y COMPRIS quand ils ont leur place dans le système. Parce qu'en vrai, même Elphaba, toute verte qu'elle est, serait bienvenue à la cité d’émeraude, vu qu'il n'y a qu'elle qui arrive à faire de la magie (ce qui n'est, comme dit, absolument pas le cas dans le livre). Et je trouve, pour un public occidental moyen (aka le public cible de Wicked dont je fais partie), c'est plus intéressant de montrer des résistances à la tyrannie par des gens qui, sur le papier, pourraient la tolérer, mais qui considèrent que s'iels laissaient faire iels se renieraient elleux-même, et qui donc décident de se battre.
Enfin, au final ça fait deux œuvres très différentes, dont on tire des choses très différentes. Je suppose qu'objectivement c'est difficile de trancher. Mais subjectivement : je trouve la comédie musicale tellement mieux !
(bon j'pas fini, ptet qqch va me faire changer d'avis
La Molinera (Cirque d'Hiver 2007)
RE: @dubout_desbois@re.lire.im
On continue les dessins animés !
#Ecriture #Crowdfunding #Edition #EditionIndependante #SF #SFFF #Strasbourg #Alsace
RE: @dubout_desbois@re.lire.im
Z'avez vu je progresse en vidéo de promo ;p
(En vrai j'aime trop ce texte, et je trouve ça cool que mon déplacement à Marseille m'ai permis de choper un ou deux plan sur une plage)
Un livre pour @le_technicien@eldritch.cafe ça 🤭 (ou alors tu l'as déjà lu et c'est une source de tes dernières vidéo ?)
L’affaire Zemmour et Parents Vigilants
@renemarc@piaille.fr j'ai une question !
On a lancé @dubout_desbois@re.lire.im avec Lou : comment on fait pour être référencé sur noosfere comme maison d'édition ? Est-ce qu'il faut envoyer un exemplaire de nos sorties qq part ? Et si oui où ?