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PieR

@GazouilleurFou@bidule.menf.in
pleroma 2.10.2
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@GazouilleurFou@diaspodon.fr est ma première instance sur le Fediverse. Celle ci sur Bidule est consacrée à mon écriture.
Il sert occasionnellement de compte de secours quand mon compte sur Diaspodon (@GazouilleurFou@diaspodon.fr) est indispo.
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PieR @GazouilleurFou@bidule.menf.in
· 8mo ago
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2/x “Dites-moi, Rina, qu'il a fait le bon docteur, c'est bien en septembre que je l'ai accouché ce garçon là, non ? C'est que, je me disais, cet été là, vous avez été malade, si je me souviens bien, non ? Ce déjeuner de moules au port, c'est bien la même année. Que vous avez eu la typhoïde, non ? J'ai pas voulu vous inquiéter sur le moment, vu que la grossesse était bien avancée, mais...” “ Oh docteur, qu'elle a coupé la mère, la face toute rougeoyante comme une Gorgone qui aurait des spaghettis à la place des serpents pour lui donner l'air plus outré, mais non, vous n'y pensez pas ! C'est que je suis fille de l'église, moi, et que ..” “ J'ai rien dit, qu'il a interrompu le bon docteur, justement j'ai pas dit ça. mais bon, je vais vous dire, c'est pas facile, et puis surtout il y a rien de sûr, vous m'entendez, il y a rien de sûr. Mais il se pourrait que cette fièvre là, justement, j'ai lu des choses, bien, il se pourrait, comment dire, bien, qu'il est pas tout à fait, enfin qu'il serait peut-être, hein, il y a rien de sûr, et bien qu'il pourrait ne pas être complètement, enfin totalement normal, quoi. Pas sûr du tout, je vous l'ai dit, mais je suis pas sûr.Il y en a des qui pensent que, et bien ce serait probable,euh possible, que la fièvre elle lui soit monté au cerveau, quoi.” Ah, on sait pas si la fièvre lui était monté au cerveau à l'enfant, ce qui est sûr c'est que la mère, elle, elle est montée sur ses grands chevaux, même qu'il y en avait toute une écurie de ces animaux là, bien campés sur leurs pattes, et que ça galopait ferme, à en faire frémir les spaghettis dans tous sens, comme une possédée. “Ah ça, on allait voir ce qu'on allait voir, non mais, mon enfant pas normal ” qu'elle a rugi, la mère, rugi tellement fort qu'on a vu la porte du salon, celle avec les petites vitres qu'elle s'acharnait à lustrer chaque semaine, s'entrouvrir et deux visages longs comme des jours sans pain s'y encadrer, comme s'ils cherchaient à entrevoir, entre les rugissements de la mère, quelle indécente idée avait pu lui souffler le docteur. La mère, ce fut alors comme un ouragan qui serait passé par l'entrée. Elle n'en respirait plus, et allait, baudruche écarlate exploser là, ici, entre le guéridon et les vases de fleurs. On ne s'entendait plus. Le docteur profita de l'ébahissement des deux autres pour ouvrir la porte et se sauver dans le crachin de cette soirée d'automne.
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PieR @GazouilleurFou@bidule.menf.in
· 60mo ago
Enfant, j'adorai me lever avant tous,la maisonnée encore assoupie,et pouvoir sortir,ne fût ce que sur le pas de la porte.Là,assis au banc ou la culotte au gravier,je respirais ce qui était alors la liberté,pleine d'odeurs de terre mouillée et de plantes riches de saveurs à la rosée.C'était aussi l'heure des rencontres les plus intéressantes que l'on puisse faire:le livreur de journaux,sur sa bicyclette noueuse,le laitier (nous étions souvent alors à La Baule),ou mieux encore,quelque voisin invisible d'ordinaire,et qui,matinal,partait avant notre commun éveil,avec sa fillette dont la jupe ou le teint marquait ma journée...
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PieR @GazouilleurFou@bidule.menf.in
· 59mo ago
Un ciel noir et troublé annonça la venue de la tempête.D'abord une pluie battante,puis bientôt de la grêle,frappèrent les façades et les pavés des rues,comme si, des nuées, s'échappaient des pans entiers du ciel.(Quel hasard,à cette heure oû j'écris,à nouveau me
parviennent de sourds roulements annonciateurs d'un autre orage à venir...)
Cette grêle roula longtemps la colère du ciel que déchiraient des éclairs splendides ,de blanc,de
bleu,de violet.Les claquements de la foudre s'achevaient en longs sifflements,comme d'un
fouet gigantesque qu'aurait agité je ne sais quelle main colérique et cruelle. Nous restions aux fenêtres à écouter les roulements de tonnerre,les claquements des grêlons aux toits,les longues cascades de la pluie,yeux grands ouverts sur le ciel déchiré, tumultueux, enragé.L'orage battait la ville,nettoyant rues et trottoirs des immondices des hommes qui,eux, se terraient aux maisons secouées par le tonnerre.Dès le début de l'orage les oiseaux affolés par la grêle,la foudre,les éclairs tonnants,s'étaient enfuis à tire d'aile,pour chercher refuge dieu sait oû. Et leur vol, long et rapide, sinueux aussi, comme évitant la grêle,était de panique animale.L'affiche à demi décollée, sur le mur d'en face,battait au vent, en longues
gifles, la façade déjà délavée par la pluie, comme prête à s'arracher et à suivre les volatiles apeurés. Les rues désertées laissaient les ondées s'achever en elles, en longs
et mugissants torrents,à l’égout débordantes, en gros bouillons, maelströms dévastateurs
des peuples d'insectes ignorés, fourmis, blattes, arachnides noyées par ce déluge
inévitable.

A l'éveil, tôt,déjà le soleil. En longue caresse Éveille les volets Aux façades accrochées De lentes raies Lumineuses En face au toit de tuiles D'un rouge inégal S'accroche le pigeon Quand criants dans le ciel Les martinets heureux Se poursuivent oublieux des sommeils L'homme dort encore

Dehors chaleur écrasante.Le bruit du ventilateur, en sourds vrombissements, lance son
tumulte d'air dans la pièce au volet clos.Écrasé à la machine innommable, je tente
d'inscrire cette minute de chaleur intense dans la cristalline mémoire,pour la ressortir toute chaude et vibrante au plus froid de l'hiver prochain.Le toit de tuiles est fiévreux et s'incline dans un tournoiement d'air chaud aux rayons du soleil.La chaleur est ocre.
Quelques morceaux de zinc,pliés par les vents, achèvent dans une brûlure de se tordre à l'abaissement des murs. Des gouttières sèches, aucune moisson liquide ne coulera avant le prochain orage. Ces longs bras sont ardents des eaux ,et courbés dès l'aurore,se tendent sans fin vers le ciel.
Dans les rues,c'est un défilé de silence,à l'ombre maigre, dans l'étendue blanche .

Comme d'une lame jaillie du soleil,un homme passe là-bas,ombre furtive,écrasée et hâtive.
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PieR @GazouilleurFou@bidule.menf.in
· 60mo ago
"Un Chant d'Amour" le seul film réalisé par l’écrivain Jean Genet, en accès libre sur OpenCulture/com

Watch Jean Genet’s Only Film, the Censored A Song of Love (1950)

https://www.openculture.com/2013/12/jean-genets-a-song-of-love.html
openculture.com
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